Déluberoo? Les apps investissent pour tordre la loi et le travail

Contexte Belgique Un oeil sur le monde

Embusqués derrière leurs apps aux jolis boutons colorés, les bureaux des Deluberoo’s cherchent par tous les moyens à échapper aux frais de protection médicale ou sociale des personnes qui travaillent pour leurs plateformes. Ces jolies boîtes turquoises ou noires ou vertes, à vélo ou en scooter dans le trafic, même en uniforme ce sont des gens qui roulent. En remerciement: tout sauf la responsabilité ou l’aide en cas d’accident, de maladie, ou simplement de désaccord sur le fond. Dans tous les cas: tirez votre plan. C’est de l’indépendance. Pourtant ce n’est pas le point de vue de la loi, ni des organisations de défense du travail en Europe qui disent « non, ce sont bien des employé·es ». Et forcément les procès s’enchaînent, les procédures se succèdent, en Espagne, en Italie, aux Pays-Bas, en Belgique, en France… et en Californie depuis plusieurs années déjà.

C’est là que ça devient intéressant, car au lieu de simplement s’expliquer sur leur modèle et leurs choix, ces entreprises préfèrent investir des sommes colossales en lobbying pour faire changer les lois en amont. Et à coups de référendum aux USA, ou de repas européens, elles poussent leurs pions et leurs lois pré-écrites pour tordre les textes en leur faveur, au détriment des personnes.

Alors, qui s’y laisse prendre? Qui relaye ces passoires légales et les fait valider? Comment freiner ces luttes d’influence, et empêcher ces lois de passer les filtres de prudence de l’Union européenne? Et surtout: que proposer à la place?

Le meilleur moyen est d’informer le public et l’Europe de ce qui se joue réellement en ce moment, et de propager les clés qui permettent de comprendre le tableau dans sa globalité. C’est l’objet de cette analyse d’Anne Dufresne publiée récemment par Smart. « Pas de loi Uber en Europe ! Alerte au cheval de Troie des sous-statuts de travailleurs de plateformes » par Anne Dufresne de l’UCLouvain, docteure en sociologie, Coordinatrice Econosphères, Chercheure au GRESEA et FNRS. Une analyse passionnante, à lire ici:

Pas de loi Uber en Europe ! Alerte au cheval de Troie des sous-statuts de travailleurs de plateformes

 

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