La réponse à la crise doit dépasser les frontières, découvrez le récent policy paper du réseau CECOP

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La crise COVID n’a cessé d’amplifier et de mettre sous les projecteurs les exclus et les problèmes systémiques de nos sociétés et de nos économies. Le groupe de travail “non-standard workers”, du réseau CECOP[1],  s’est intéressé à la situation des travailleurs dits “non-standard” en Europe pendant cette crise. Se basant sur les connaissances et expériences de coopératives de travailleurs (pour la plupart de freelances), le groupe de travail a produit un document qui met douloureusement en évidence le manque de reconnaissance du travail atypique (ou non-conventionnel), en ce compris le travail de plateforme, dans les législations du travail et les mesures de soutien des Etats.

Smart a coordonné ce groupe de travail, ce qui lui a permis de constater, une fois de plus, à quel point ses différentes prises de position publiques durant ces derniers mois ne relevaient pas de sa seule observation, mais d’une réalité qui dépasse les secteurs d‘activités et les frontières.

Le document (disponible ci-dessous en anglais) insiste sur la nécessité pour l’Union européenne et ses États membres de considérer les besoins de tous les travailleurs atypiques[2], y compris les travailleurs de plateforme, afin de les inclure dans les différents dispositifs d’aide publique, et plus largement dans les politiques d’emploi.

La première partie du rapport pointe l’inadéquation entre les mesures proposées par les Etats et la réalité de travail de cette communauté de travailleurs et travailleuses atypiques, très souvent dépendante de contrats de très courte durée et bénéficiant de revenus intermittents.

D’une part, la plupart exercent leurs métiers dans des secteurs qui ont été lourdement impactés par les mesures de sécurité (culture, événementiel, services à la personne, livraison, …), d’autre part ils et elles ont été peu ou pas du tout soutenus financièrement par les pouvoirs publics.

Que ce soit l’accès au chômage ou à différentes primes, la difficulté pour les prestataires aux contrats courts est de faire valoir une promesse d’engagement reportée ou l’annulation d’une prestation qui n’avait peut-être pas encore fait l’objet d’une commande en bonne et due forme. Ceci révèle la difficulté des pouvoirs publics à considérer les parcours professionnels rythmés par des projets ou des contrats courts comme une réalité grandissante et porteuse d’opportunités économiques.

Dans une seconde partie, ce document met en avant la manière dont le modèle coopératif apporte des solutions, permettant à de nombreuses personnes de bénéficier, partiellement ou non, de la protection de la sécurité sociale et/ou d’accéder aux aides publiques, en particulier l’aide du chômage. Les coopératives concernées ont en outre aidé à faire remonter les problématiques spécifiques de ces travailleurs et travailleuses auprès des pouvoirs publics (permettant parfois des améliorations). Elles ont également mis en place des mesures de soutien mutualisées à l’intérieur de leur écosystème.

Le rapport conclut sur une série de recommandations :

  • La première vise à assurer l’accès à la sécurité sociale pour le travail atypique, dont les prestataires de l’économie plateforme.
  • La seconde vise à faire reconnaitre les coopératives comme porteuses de solutions aux défis découlant de la croissance des formes de travail non standard incluant à nouveau l’économie de plateforme.
  • Et, enfin, la troisième vise à soutenir les coopératives de travailleurs et travailleuses confrontées à la crise COVID-19.

Ces recommandations ont été soumises par CECOP à la Commission Européenne qui les a accueillies avec intérêt. Les membres de CECOP sont invités à les soumettre au niveau des Etats.

Retrouvez ici l’intégralité du rapport en anglais.

Dernièrement CECOP a également publié une analyse sur les réponses des coopératives de travail associé à l’emploi atypique, ALL FOR ONE

[1] CECOP-CICOPA est la Confédération Européenne des Coopératives industrielles et de services dont les membres sont des fédérations nationales de coopératives et des organisations de promotion des coopératives. Cecop compte 25 membres de 15 pays et donne la parole à 40 000 entreprises, employant 1,3 million de travailleurs – principalement trois types de coopératives : les coopératives de travailleurs, les coopératives sociales et les coopératives de travailleurs autonomes

[2] Par travailleurs ou travailleuses atypiques il faut entendre le travail à temps partiel, les contrats de (très) courte durée, le travail de plateforme. On parlera aussi de travail intermittent ou non conventionnel.

1 réponse sur « La réponse à la crise doit dépasser les frontières, découvrez le récent policy paper du réseau CECOP »

I do share these views. However, there are nothing new. As a Smart member I have committed fearcely to this issue the last years in the FreelanceTaskForce. Covid just deeply exacerbated this existing legal vaccum -whether at national or EU levels – and the urgency to raise our profile at EU level. What was really missing during confinment was a strong European Voice from our sector to advocate in due time the funding repartition. Indeed, voluntarily, a few managed successfully to secure the social rescue funding via SURE funds and its €100mio and the EIB facilities. This lobbying is the result of all the grants we are currently receiving via Actiris. Allow me to expect a better and a more effective involvement of Smart in the future in that respect ! Thx

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