Facilitatrice.teur numérique : le métier devenu incontournable

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En cette période de confinement où il est demandé à une bonne partie des travailleurs.euses de pratiquer le travail à distance, nos réunions changent et deviennent des visio-conférences, des télé-conférences. Des réunions par écrans interposés. Nos collaborations aussi évoluent : difficile de croiser telles ou tels collègues à la machine à café et lui demander un renseignement ou un petit coup de main sur un dossier…

Dans ce contexte, un métier bien particulier est mis en lumière : celui de faciltateur.trice numérique. La facilitatrice.teur numérique anime des groupes et des processus collectifs à distance en utilisant des outils via internet. Elle combine trois niveaux de compétences particulières : des compétences techniques qui lui permettent de maitriser ces outils en ligne, des compétences méthodologiques pour animer le groupe, gérer la parole, inclure les personnes dans ce contexte spécifique, et des compétences plus proches de la posture de facilitateur.trice, incluant de l’écoute active, une capacité à s’exprimer clairement, une volonté d’inclusion de toustes au-delà des résistances aux outils et une bonne dose de patience et de bienveillance quand la technique des un.es et des autres fait défaut.

Il semble que les facilitateur.trices numériques soient souvent issu.es des milieux de la facilitation de groupe et de l’intelligence collective et/ou des métiers de support IT. Souvent ielles sont favorables à la notion de commun et d’opensouce[1] tout en ayant une vigilance à ce que les outils utilisés soient accessibles à tous (y compris votre mamie).

Cette culture du commun s’est remarquée dès le début des mesures de confinement où de nombreuses initiatives ont été prises pour partager le savoir de ces facilitateurs.trices numériques. Souvent sur base de groupes d’échanges de pratiques entre faciltateur.trices déjà existants, des lieux virtuels de partage ont été mis en place ou ont été diffusés.

Vous en trouvez ici une liste non-exhaustive et subjective. Certaines de ces initiatives sont portées par des sociétaires de Smart :

* Le Wiki mis en place par Animacoop, collectif de formateurices

* Les PICs en ligne de Collectiv-a, collectif de facilitatrices et facilitateurs

* La semaine de formation et les sessions gratuites mises en place par Koweb : le Koweb Café.

Même les animatrices et animateurs des groupes de travail de Smart In Progress s’organisent des moments d’échanges sur la facilitation en ligne (en savoir plus sur la continuité de Smart In Progress)

D’autres n’avaient pas attendus le confinement pour partager trucs et astuces sur la facilitation à distance. Ainsi, le wiki d’Interpole et ses fiches-ressources (dont une partie traite des outils de collaboration à distance), ou le wiki de la fabrique des mobilités et sa fiche pratique sur l’organisation d’ateliers en non-présentiel.

Mais quel est le meilleur outil ? Si il y a un débat qui ne tarit pas entre les facilitateur.trices numériques, s’est bien celui sur le choix des outils sur lesquels s’appuyer. Entre les tenants de l’open-source et des logiciels libres et ceux qui préfèrent les outils connus de toustes ou la stabilité technique (souvent davantage garantie en cas de services payants), il semble difficile de trouver un accord.

Il est toutefois certain que chaque facilitateur.trice numérique doit répondre aux besoins fondamentaux des groupes qui collaborent à distance : pouvoir stocker et diffuser des documents, travailler à plusieurs sur des documents, se réunir et coordonner un projet auquel s’ajoute les besoins de créer du lien entre les participant.es et favoriser les discussions – y compris informelles.

A ces besoins répondent plusieurs outils des plus connus (et parfois décriés) comme Google drive et Skype, et les outils libres comme Jitsi meet ou la suite Framasoft en passant par Zoom, Pinup ou Trello (logiciel non libre mais partiellement gratuit).

A chaque facilitateur.trice et à chaque groupe de définir la suite d’outils qui répond à ses besoins, ses capacités techniques mais également ses valeurs. Ainsi, une réflexion entendue lors d’un échange de pratiques entre faciltateur.trices numériques me parait intéressante : la résilience n’est-elle pas plus forte avec une multiplicité d’outils plutôt qu’avec le monopole d’une solution unique ?

[1] Voir à ce sujet l’analyse de Smart sur les liens entre le mouvement coopératif et le milieu de l’open source et des logiciels libres

2 réponses sur « Facilitatrice.teur numérique : le métier devenu incontournable »

une bonne ressource également pour le télétravail et l’organisation de groupes à distance a été compilée par les volontaires de Framasofts justement :
https://framasoft.frama.io/teletravail/

il serait bien que Smart se mette également à utiliser du logiciel libre en interne, et que les groupes de facilitatrice·eur·s numérique s’organisent ailleurs que sur des médias publicitaires privés (FB) … il existe toute une série d’outils et un protocole libre de média sociaux sanctionné par le W3C qui a pour nom ActivityPub et qui produit ce qu’on appelle le « Fediverse » … Smart et les médiat·rice·eur·s numérique devraient en faire usage il me semble …
http://joinmastodon.org
http://joinpeertube.org
htttp://pixelfed.org

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