[BE] Augmentez vos tarifs… c’est le moment ou jamais !

Contexte Belgique Un oeil sur le monde

L’inflation frappe à nos portes : les prix des biens et services ont augmenté (depuis le début de l’année ) globalement et en moyenne de 5,3% en décembre.

Un euro fin 2021 a perdu de la valeur par rapport à 2020: conséquence, il en faut plus pour acheter la même quantité de biens et services. Chacun·e d’entre vous s’en rend compte chaque jour en faisant ses courses, en payant son électricité, son chauffage, bientôt son loyer qui sera indexé … Vous vous en rendez sans doute compte également dans vos métiers, car le prix des matières premières ou de certains services augmente lui aussi.

Pour rappel, nous avons en Belgique un mécanisme appelé « indexation des salaires », qui adapte ceux-ci – et les minimas barémiques, lorsque l’augmentation de l’inflation dépasse un certain plafond. Ce mécanisme est un acquis syndical, qui est d’ailleurs régulièrement questionné par les fédérations patronales.

Rappelons au passage que ces barèmes ne sont que des minimas, ce ne sont pas des « salaires officiels »: seulement le salaire en dessous duquel un employeur (Smart en l’occurrence) ne peut pas vous embaucher.

Nous devrons suivre bien entendu la hausse prévisible des minimas salariaux barémiques. Et donc le travail sera un peu plus rémunéré (et tant mieux, et ce n’est pas encore assez, et nous soutenons la hausse du « Smic belge » – le RMMMG, demandée par les syndicats depuis des années)… Les budgets de vos activités économiques devront suivre.

Vous êtes salarié·es, mais également titulaire d’une activité économique en entreprise partagée (producteur·trices associé·es au sein de SmartCoop), à ce titre c’est vous qui négociez des prix, et arbitrez des budgets.

Nous savons tous que les marchés ont une tendance à tirer les prix de vente des biens et services produits et vendus par vos activités, à la baisse… Ce n’est pas une fatalité et l’argument habituel de nombre de clients « mon budget, c’est mon budget, pas un euro de plus » n’est pas une loi d’airain. Une facture de 300€ ou de 5.000€ en 2021 qui deviendrait, le premier janvier 2022, 315€ ou 5.250€ (+5%), sera quasi systématiquement acceptée: rechercher un autre prestataire qui écrase les prix coûtera plus cher à ce client que d’accepter cette augmentation, qui plus est dans un contexte où la presse donne une large audience à cette inflation à laquelle toutes les entreprises doivent s’adapter. C’est le moment ou jamais.

Collectivement, vous pouvez prendre la décision d’augmenter d’au moins 5% ces prix (« vos tarifs »), afin de ne pas absorber seul l’effet de l’inflation. D’autres ne s’en privent pas !

Vous êtes chaque année plus de 20.000 à agir au sein de votre entreprise partagée: ne laissez pas le marché dicter sa loi. En adoptant toutes et tous un comportement ferme, visant à la hausse soutenable des tarifs de vos prestations, des biens et services vendus par les Activités, vous protégerez, un peu au moins, votre autonomie financière et vos revenus professionnels. Pour partie, vous êtes aussi concurrent·es entre vous sur les marchés: ne bradez pas les prix pour remporter une commande, c’est un mauvais service que vous vous rendez, et que vous rendez à la communauté des travailleur·euses. L’autonomie se renforce quand elle est collectivement effective: contrairement à ce que prétend la doxa libérale, l’individualisme défait peu à peu l’autonomie pour ne laisser la place d’agir qu’aux « plus forts ».

Agir en entreprise partagée, solidairement autonomes, c’est aussi prendre conscience ensemble de votre et notre pouvoir collectif.

Bon travail en 2022 !

12 réponses sur « [BE] Augmentez vos tarifs… c’est le moment ou jamais ! »

Merci pour ces conseils.
En tant qu’artiste, parler argent est souvent chose compliquée qu’on préfère remettre à plus tard.
Votre soutien me permettra d’avoir une plus grande légitimité dans ma démarche.

Bonjour,

Je voulais savoir si vous aviez, un listing des prix moyens facturés par secteur d’activité… Par exemple, je suis coordinateur technique/regisseur sur des évènements comme le KIKK Festival, Ronquieres festival et autres.

Auriez-vous la possibilité de donner un ordre de prix, afin de savoir ou je me situe dans mes prix?

Hello la communauté,
Bel article éclairant et boostant, merci.
C’est un fameux débat auquel je n’ai pas réponse. Vers quel avenir courons-nous ? Je me pose souvent la question.
Augmenter le prix des biens et services pour « vivre dignement » c’est une chose, faire la course à la plus grosse bagnole, le plus grand jacuzzi, la dernière technologie, aux vacances à l’autre bout du monde plusieurs fois par an, … en est une autre à mon sens.
Instagram et autres réseaux paillettés sociaux ont, selon moi, fortement fait bouger les lignes des envies (en opposition aux besoins) de chacun vers Plus (et la Terre ne nous en remercie pas), plus beau, plus grand, plus …

Comment trouver sa place dans cette équation ? Pas toujours évident, mais à 20.000 c’est sûr qu’on peut faire notre part.

Je vous (et me 😉 ) souhaite en cette nouvelle année de coopération de trouver, parmi tous ses signaux, la justesse et l’équilibre dans votre travail ainsi que dans votre vie 🙂

Merci pour votre suggestion pertinente. Mais… TOUS les employeurs qui font appel à mes services, depuis plus de 2 ans, travaillent sur base de budgets très serrés avec zéro marge de négociation salariale (leur argument est le suivant : « c’est dur pour tout le monde aujourd’hui et donc, c’est à prendre ou à laisser »). Dans ces conditions, il est de moins en moins aisé d’obtenir une reconnaissance de la qualité du travail mis en oeuvre et des résultats obtenus, un respect au niveau salarial, dans un monde économique où le « struggle of life » règne en maître absolu.

Plusieurs réponses a donner à ceci :
-> Beaucoup d’organisateurs utilisent cette justification, même quand ce n’est pas le cas, pour « clore le débat » car on a pas nécessairement vue sur ce qu’ils ont réellement… Et si c’est « dur pour tout le monde » cela ne justifie pas de gagner moins que le minimum légal (en prenant en compte autre chose que les heures prestée, car la préparation d’un service artistique est souvent bien plus longue que la prestation)
-> Si des organisateurs, qui par ailleurs acceptent des gens que l’on sait ne pas négocier leurs prix, n’ont plus les sous pour payer correctement 10 groupes, qu’ils en prennent moins, mais mieux payés.
Généralement quand on est plusieurs groupes à s’être concerté pour ce genre de réponse, on se retrouve a être pratiquement tous pris quand même.
-> Le « c’est à prendre ou à laisser », je me suis rendu compte qu’il valait mieux parfois laisser. Le fait de présenter des prix décents pour pouvoir vivre nous ouvre souvent la porte d’organisateurs plus respectueux aussi des conditions et des fiches techniques. Donc en « sortant » du circuit du pas cher, on ne diminue pas nécessairement les dates, mais il faut être capable de changer de marché.

–> Dans le même ordre d’idée, il y a un évènement qui a fini par couler a force de prendre uniquement « au moins cher » et en plus d’avoir de mauvais accueil d’artistes… et donc d’avoir de plus en plus d’artistes qui passaient le mot que ce n’était pas un lieu ou accepter la négociation.
Le même évènement a été recréé deux ans plus tard par des organisateurs différents, avec des tarifs plus corrects et un meilleur accueil… étrangement, pour le public, l’ambiance sur l’évènement était a ce point meilleure, qu’il a pu brasser un public plus important, et donc se faire de meilleure marge… Malgré l’investissement plus élevé.

Désolé, mais comme organisateur dans une période assez particulière, c’est déjà assez difficile de pratiquer les même cachets. Alors, ça ne me semble pas une très bonne idée. Bien sûr, c’est intéressant pour la Smart. Si les artistes augmentent leur cachet, la Smart gagne plus…

Bah, comme organisateur dans une période difficile, vous devriez aussi comprendre que les artistes ayant eu parfois 18 mois sans vrai boulot, qui se retrouvent en plus face a un prix de la vie qui a augmenté, si leur tarifs étaient déjà pas joyeux auparavant, ne PEUVENT PAS s’en sortir sans revue a la hausse de leurs tarifs.

Ne pas exagérer, OK, mais suivre au minimum l’augmentation du prix de la vie, ca permet tout juste de vivre « comme avant » si on ne prend pas en compte les perte de 18 mois sans boulot.

Et le public est en demande d’animation !

Ou alors, il faut trouver des formules différentes, pour permettre au même artiste de jouer plusieurs fois de suite… Pour des « bulles » différentes quand les limitations de jauges sont d’applications.

Hello vous toutes et tous,
merci pour vos commentaires.
Je réagis ici à titre personnel.

J’ai été artiste, technicien mais aussi producteur et diffuseur dans d’autres vies : avec des budgets publics. J’ai souvent dû moi-même remonter le tarif d’un artiste ou d’un technicien qui répondait à une demande d’offre ou un appel à projet, gêné que j’étais de la modicité de ce tarif. Beaucoup d’entre nous ont intégré comme « normal » le fait de comprimer nos tarifs, ce qui revient à prendre en charge à titre personnel une partie des coûts réels (qui augmentent du fait de l’inflation) de la prestation qui sera vendue. Je ne trouve pas cela normal. J’ose espérer que les diffuseurs et producteurs ne trouvent pas cela normal non plus …

Si une presta à 300€ ou 500€ passe à 310€ ou 515€, je ne connais aucun budget tel qu’il ne peut supporter cette hausse somme toute minime … Profitez de l’annonce de cette indexation des salaires pour testez une hausse de vos tarifs, essayer au moins : il y a une chose de certaine, on n’obtient jamais ce que l’on ne demande pas. ça ne marchera pas à tous les coups, bien sûr, mais …

Ensuite, pour les tarifs les plus bas, calés sur les barèmes : en janvier, il est indubitable qu’ils augmenteront, du seul fait de l’indexation des salaires.

Smart ne « gagnera » pas plus : Smart subit comme tout le monde le poids de l’inflation … Et quand « Smart » gagne, ce sont ses sociétaires qui gagnent : aucun actionnaire derrière pour se « goinfrer ».

C’est une très bonne idée que celle de fournir un « baromètre » des tarifs pratiqués dans certains secteurs d’activité par des sociétaires en activité dans Smart : j’en parle ici avec l’équipe, étant en mesure pour certains types de prestations de fournir cette information. Ce sera peut-être l’objet d’un deuxième article à venir sur ce thème.

Passez de bonnes fêtes, malgré tout et avec le reste, ce reste qui est tellement plus important.

Je rejoins l’avis de Michel. Il est toujours très risqué de demander une augmentation pour la simple et bonne raison qu’il y aura toujours un autre qui acceptera d’effectuer la mission à un tarif très bas voire gratuitement. J’ai constaté amèrement récemment que le brut à la Smart avait encore augmenté, ce qui réduit encore mon nombre d’heures travaillées réellement. Ne serait-il pas temps plutôt de militer pour une réduction de la taxe sur le travail ? Et aussi pour fusionner tous les statuts (les mêmes avantages et inconvénients pour TOUS les travailleurs, quels qu’ils soient) ou pour créer un statut propre aux Smartiens tous secteurs confondus, qui reconnaît et couvre les creux sans que ceux-ci soient considérés comme des jours non travaillés, sans que cela réduise les droits à la pension, étant donné que les creux font partie intégrante des métiers des Smartiens ? Quand les syndicats réclament l’augmentation du brut, sont-ils conscients qu’ils ne résolvent absolument rien vu que cela ne fait qu’augmenter le coût de la vie au détriment de ceux qui ne peuvent pas augmenter leurs prix ? Ils ne font que précariser ceux qui le sont déjà.

A Roger : J’approuve et encourage l’idée : rédaction d’un article autour du « baromètre » des tarifs pratiqués dans certains secteurs d’activité par des sociétaires en activité dans Smart. Un pdf à télécharger sous forme de grille récapitulative serait intéressant pour tous.

Bonjour, un baromètre des tarifs arts de la scène m’intéresserait particulièrement. Merci pour tous ces commentaires. J’ai commencé à augmenter mes tarifs tel que conseillé et jusqu’à présent pas de souci. Je ne pourrai faire une évaluation que fin 2022 étant donné la lenteur et la fragilité de la reprise…

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