Un rituel d’abattage sans étourdissement préalable…

Opinions Un oeil sur le monde

Ce 22 décembre, nous avons été nombreux·ses sans doute à prêter une oreille plus ou moins attentive au fameux Codeco. Nous avons, en fait, beaucoup à dire sur la gestion de la crise sanitaire depuis mars 2020 par le Gouvernement. Voici donc le premier décryptage que l’on vous propose, et qui sera suivi d’autres courant janvier.

Pour débuter, l’on va s’intéresser à la fermeture des salles de spectacles. Une fois de plus, si ce n’était tragique, ce serait un running gag: malheureusement cela ressemble de plus en plus à un rituel d’abattage de tout un secteur, sans étourdissement préalable.

On laisse bondés les grands centres commerciaux, les transports en commun, etc. Mais les salles de spectacle doivent fermer? Et l’on cherche une logique. Nous craignons en fait qu’il y en ait une, de logique, perverse (mais la perversité a aussi sa logique).

Lisons la dernière enquête sur les pratiques culturelles publiée par, l’Observatoire des politiques culturelles (qui fait toujours du bon travail, par ailleurs).

En page 13, l’on découvre que les sorties en salle, pour ce qui est des arts vivants, ne concernent que 10 à 30% de la population, et qu’une pratique de ce type au moins mensuelle ne concerne environ que 5% de la population: « sacrifier » cette partie de la culture (les arts vivants ne sont évidemment pas le « tout » de la culture, très loin de là), c’est ne priver qu’une toute petite partie de la population [1] d’une activité pratiquée assez modérément pour la plupart. Qui plus est, avec un assez bon ratio « population privée »/ »travailleur·euses touché·es »: en principe, il y a quand même nettement plus de personnes dans la salle que de travailleurs et travailleuses en action. Et qui plus est, ce n’est pas le Fédéral qui aura à se caler le soutien économique aux opérateurs de ce secteur. Et finalement, si le secteur élève la voix, le Gouvernement parie sur le fait qu’au vu de la sociologie qu’il présume être celle du secteur, ça ne va pas émouvoir outre mesure les foules. Mépris et cynisme.

C’est d’autant plus cynique que fermer des lieux (qui ont fait d’énormes efforts pour sécuriser leurs salles et installer des procédures strictes d’accès et de circulation) où ne se pressera qu’une infime partie de la population, c’est agir plutôt faiblement sur la progression de la Covid. Le Gouvernement se donne ainsi l’illusion d’une action « forte », afin de ne pas (trop) mettre à mal le bon vieux commerce (quand le commerce va, mon bon monsieur, tout va), là où se presse en cette période de l’année la toute grande majorité de nos concitoyen·nes. Sauf sans doute les artistes, technicien·nes, et toute la force de travail des salles fermées, qui n’auront pas les moyens d’aller siroter du vin chaud dans les bars de la ville.

Non pas qu’il faille s’en prendre aux commerces, à la STIB ou à la SNCB, aux entreprises, à l’ensemble de ces activités de masse que sont les transports publics, le travail, le shopping qui sont des domaines à nettement plus haut risque que les salles de spectacles: aucune mesure collective, et il en faut, destinée à freiner la propagation de ce foutu virus n’a la moindre chance d’être agréable ou de n’avoir aucun impact sur personne.

Mais ce que l’on attend, ce ne sont plus des marchandages politiques, d’ailleurs dénoncés aujourd’hui par Marius Gilbert, qui aboutissent à des mesures toxiques, probablement inefficaces tant elles sont visiblement cyniques, prises de semaine en semaine pour les quinze jours qui suivent.

Ce que l’on attend, que l’on exige, avant que se désagrège encore un peu plus notre société, ce sont des analyses et des politiques moyen et long termes sur la vie sociale, économique, sanitaire (et en matière de santé, pas seulement limitées à la Covid) en situation de pandémie. Y compris au-delà du moment où la Covid deviendra endémique: elle conservera son potentiel de nuisance, puisqu’elle continuera, malgré une éventuelle “immunité collective”, à conserver sa capacité de mutation et de rebond.

Ce qu’on l’on attend, ce sont des analyses et des politiques qui nous permettront de sortir dans quelques mois, certes non de la pandémie, mais de cette lamentable mascarade de mesures incohérentes et discriminantes et de rituels d’abattage sectoriel qu’est devenue la conférence de presse des Gouvernements en Codeco.

En attendant, la prise en charge totale et immédiate par l’État des autotests et des investissements en ventilation dans les écoles et autres lieux culturels, ce serait pas mal, non?

[1] (Qui n’est manifestement pas la plus fragile sociologiquement ou économiquement précise la page 16 du rapport précité)

2 réponses sur « Un rituel d’abattage sans étourdissement préalable… »

Je vous rejoins à 500%.
Mascarades et cinisme me semblent les meilleurs qualificatifs de cette gestion perverse et sournoise de cette pseudo-pandémie. Des questions sont là et sans réponses :
Comment sont justifiées ces mesures alors que le vaccin ne protège pas et ne ralentit oas la propagation ?
Comment justifier les mesures alors qu’en Afrique la mortalité et beaucoup moins élevée que dans les pays à grandes vaccination ?
Et bien d’autres questions encore …
Ils veulent que nous devenions un troupeau de moutons bêlant et stupides.
Le temps de la désobéissance civique et de la reprise de nos droits est venu.

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